Presse


Allaitement et mondialisation 

Semaine mondiale de l'allaitement 2003

Présidente d'INFACT Québec

Mondialisation... voilà un mot qui, ces dernières années, a véhiculé des notions bien négatives : droits humains bafoués, réduction de tout à sa valeur marchande, profit maximum à n'importe quel prix, aliments trafiqués...

Le dictionnaire définit ce mot ainsi : «le fait de devenir mondial, étendre à la planète entière». Dès lors, un paradoxe saute aux yeux: en matière d'alimentation humaine, le lait maternel n'est-il pas le premier produit totalement «mondialisé»?

Ce qu'aucune multinationale n'a réussi à faire, les femmes de tous les continents l'ont réalisé pendant des millénaires : nourrir tous les bébés de la planète avec un produit de haute qualité, parfaitement ajusté à leurs besoins. Belle prouesse qui, au-delà des variantes culturelles rattachées aux pratiques du maternage, mérite que l'on prenne conscience de son universalité.

Le sujet de l'allaitement nous fait découvrir, ou redécouvrir, ce «matrimoine» mondial. C'est précisément pour qu'il reste mondial, ou le redevienne comme il le mérite, que tant d'hommes et de femmes se mobilisent. Et il faut se mobiliser car, dans le capitalisme sauvage où se fourvoie l'humanité pour l'instant, l'allaitement a un terrible «désavantage» : il est gratuit et sa distribution est bénévole. Autrement dit, il ne rapporte rien à personne. Par conséquent, il entre en concurrence avec des sous-produits de substitution qui ne peuvent en rien prétendre le remplacer.

Ingrid Bayot
Source : http://www.cyberpresse.ca