L'allergie aux protéines du lait de vache
(protéines bovines) est une maladie allergique
provoquant des lésions de la muqueuse intestinale, qui se
manifeste chez les nourrissons parfois dès la naissance en
règle générale avant le 3e mois et souvent avant le 15e jour.
Elle touche environ 0.5 % des enfants. Le corps
réagit anormalement au contact des produits laitiers à base de lait de
vache. la suppression du lait de vache représente le
seul traitement de l'APLV. Cette maladie transitoire évolue dans 80 à
90 % des cas vers la guérison et disparaît dés l'âge de 18 à 20 mois.
Des intolérances à d'autres laits (lait de chèvre), protéines
végétales (soja, gluten, cacahuètes), oeuf, s'associent à l'APLV dans
20 à 40 % des cas.
Le lait de vache contient
énormément plus de protéines que le lait de femme (trois fois plus),
les plus allergisantes sont: la Bétalactoglobuline, l'alphalactalbumine,
les caséines. Il existe des allergies croisées entre
bétalactoglobuline bovine et lait de femme (béta caséine) et entre l'alphalactalbumine
et le blanc d'oeuf.
Les causes
L'allergie aux protéines du lait de vache est
d'origine héréditaire. En effet, la majorité des enfants allergiques
ont un ou plusieurs parents allergiques.
L' étiopathogénie de l'intolérance aux protéines
du lait de vache n'est pas encore totalement élucidée. Plusieurs types
de réactions immunologiques sont en cause :
* Les réactions aiguës relèvent
d'une hypersensibilité immédiate d'IgE spécifiques (type I) et
s'apparentent aux réactions anaphylactiques.
* Les formes subaiguës et chroniques
reposent sur une grande variété de mécanismes immunologiques qui vont
de la réaction antigéné anticorps avec activation du complément et
formation de complexes immuns (type III) au phénomène
d'hypersensibilité retardée dépendant des lymphocytes T (type IV).
Les conséquences
cliniques
L'intolérance aux protéines de lait de vache regroupe tout un ensemble
de symptômes bien connus en pédiatrie. L'âge d'apparition des troubles
peut varier de quelques jours, dans les formes aiguës, à plusieurs
mois dans les formes chroniques. Les signes cliniques apparaissent
après le début de l'allaitement artificiel. Ces signes varie
des allergies alimentaires, à des sources de dermatites atopiques chez
le nourrisson, auxquelles succèdent avec l'âge: rhinites,
conjonctivites, asthme...
Dans les
formes aiguës, on peut noter une pâleur suivie de vomissement,
d'une diarrhée pouvant aller jusqu'à un état de choc juste après la
prise d'un biberon et la fréquence d'une candidose buccale.
Dans les
formes chroniques, la diarrhée à
rechutes est constante, les vomissements fréquents, la prise de
poids insuffisante. Tout ceci peut aboutir à un état de
malnutrition avec au niveau biologique :
-l'anémie
hypochrome avec hyposidérémie n'est pas rare, elle est liée à
la malabsorption, aux carences vitaminiques et
aux hémorragies intestinales occultes,
-l'hypoprotidémie
est le plus souvent modérée, elle s'accompagne d'une
hypoalbuminémie et d'une hypogammaglobulinémie,
-l'hyperlipémie avec hypercholestérolémie est constante et
modérée,
-une
ostéoporose sans rachitisme est observée dans la moitié des
cas,
-une
hypothrombinémie est également observée dans 1/3 des cas.
Allaitement maternel
L'allaitement maternel est une mesure préventive pour l'allergie au
lait de vache, surtout chez les enfants ayant une prédisposition
héréditaire à développer une allergie alimentaire. Durant la période
de l'allaitement, la mère doit modifier son alimentation et exclure
certains aliments allergènes comme le lait de vache, bien sûr, mais
aussi les œufs, les agrumes, les arachides et les noix, le poisson et
les fruits de mer. Durant la période d'allaitement, elle doit aussi
éviter les aliments et les boissons qui agissent comme des drogues ou
qui ont des propriétés toxiques comme l'alcool, le thé, le café, le
chocolat et les épices.
L'allaitement maternel pourra être prolongé afin d'introduire le lait
de vache le plus tard possible dans l'alimentation de l'enfant. En
effet, celui-ci a plus de chances de mieux répondre aux aliments si
son appareil digestif a atteint un plus haut niveau de maturité dans
son développement.
En plus de prévenir l'allergie au lait de vache, l'allaitement
maternel permet de prévenir les allergies alimentaires les plus
fréquentes, notamment les allergies aux œufs et aux noix, qui
provoquent souvent des réactions allergiques puissantes pouvant mettre
la vie de l'enfant en danger.
Les impératifs
Même chauffé à forte température (100 °C), le lait
de vache ne détruit pas ces protéines. Néanmoins, certaines personnes
ont des réactions beaucoup moins importantes lorsqu'elles absorbent le
lait sous une autre forme (bouilli, en poudre ou évaporé).
Vérifier l'apport en
calcium de la première année
Les substituts du lait ont un bon apport Ca/P. Si l'enfant en boit une
quantité suffisante dans la journée, il n'est pas nécessaire de
supplémenter son régime en calcium.
Eviter les
réintroductions "sauvages"
Une épreuve contrôlée après l'âge de 1 an est en général proposée.
Conseils diététiques
aux parents
Choisir le bon substitut
Le lait de chèvre est souvent utilisé pour remplacer le lait de vache.
Cependant, les composantes du lait de chèvre, comme celles de tout
autre animal produisant du lait mammaire, sont similaires à celles du
lait de vache et peuvent parfois provoquer des réactions allergiques.
Chez le petit nourrisson
- Retarder d'un mois ou deux la diversification
alimentaire.
Il accepte généralement bien les substituts de lait, malgré leur goût
et leur odeur désagréables, liés à l'hydrolyse des protéines. Pour ne
pas introduire trop rapidement un nouveau goût qu'il risquerait de
préférer à celui du substitut, il est conseillé de retarder d'un mois
ou deux, la diversification alimentaire. Le lait est un aliment
primordial et doit à tout prix rester le pivot de son alimentation au
cours des 6 premiers mois.
Les préparations pour nourrissons à base de lait de
soya (par exemple : Isomil, Nursoy, Alactamil) ou à base de viande
(par exemple : Gerber) sont des substituts très efficaces car ils sont
fortifiés pour fournir les vitamines et minéraux essentiels à
l'enfant. Le lait de soya non fortifié n'est cependant pas un
substitut adéquat au lait de vache, car il ne contient pas tous les
éléments nutritionnels indispensables à l'alimentation de l'enfant.
Comme tout autre aliment, le lait de soya peut être source d'allergie.
On évalue qu'environ un quart des patients allergiques au lait de
vache deviennent allergiques au lait de soya après en avoir fait une
ingestion prolongée.
Chez le plus grand
nourrisson
- Mélanger les nouveaux aliments dans le substitut du lait de vache au
moment de la diversification afin de conserver l'appétence pour le
substitut.
Il est capital, sur ce terrain
allergique, d'éviter la diversification "anarchique" et rapide. On
introduira les nouveaux aliments à raison d'un à la fois à intervalles
de quelques jours afin de repérer une éventuelle allergie.
- Choisir toujours des céréales sans lait et sans gluten en début de
diversification.
- Accommoder les légumes au substitut sans ajout de lait.
- donner de la viande deux fois par jour, les quantités de viande
devant être plus importantes que pour un enfant normal.
- Ajouter des matières grasses purées, surtout si le substitut est
consommé en quantité insuffisante : huile de tournesol, maïs, soja,
pépin de raisin, margarine sans lait, Crox Vitol , Vitaquell, Wessana.
Chez le petit enfant
après un an
- Conserver un apport quotidien minimum de 400 à
450 ml de substitut
Même à cet âge, il est recommandé de maintenir un apport quotidien
minimum de 400 à 450 ml de substitut, que l'on peut agrémenter de
céréales fruitées ou chocolatées - en préparations consistantes - ou
additionnées de petits pots de fruits. Il est possible également de
reconstituer la préparation dans un jus de fruits ou de sirop.
- Supplémenter l'alimentation en calcium et en vitamines A et D dès
que la quantité de substitut diminue en fonction de la
diversification.
En cas de suppression de substitut (si l'enfant le refuse), réajuster
les quantités supplémentaires de viande et de matières grasses pour
couvrir les besoins en énergie, protéines, acides gras, vitamines et
minéraux et éviter ainsi, un déséquilibre du régime. Après un an,
certains enfants supportent bien les mets à base de soja; lait de
soja, yaourt et dessert au soja, permettant une plus grande variété
alimentaire et complétant la valeur calorique et diététique. Mais
l'introduction des aliments à base de soja sera réalisée avec beaucoup
de prudence au début. Rappelons qu'à cet âge, l'enfant peut consommer
du pain et des biscuits sans lait, ce qui permet de varier les repas.
- Après une épreuve de
réintroduction négative on pourra reprendre le lait sous toutes ses
formes.
L'alimentation
spécifique
Exemple de régime
pour un enfant de 7-8 mois
- 900 Kcalories (112/kg)
- 25 g protides (3/kg)
- 400 mg Ca
- (apport de Ca insuffisant pour l'âge) |
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- Eau : 180 à 210 ml
- Substitut : 6 à 7 mesurettes
- Céréales sans lait
- Collation : jus de fruit 50 ml |
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- Purée de légumes : 130 à
150 g
- Viande : 30 g
- Huile ou margarine autorisée : 1 cuillère à café ( 5 ml)
- 1 pot de fruits |
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Supplémentation en calcium
indispensable |
Exemple de régime
pour un enfant de 15 à 18 mois, 11 kg
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Petit déjeuner |
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Avec substitut |
Sans substitut |
Substitut du lait : 6-7
mesurettes
Eau : 180 à 210 ml
Céréales sans lait : 25 g |
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Chocolat à l'eau : 10 g de
poudre chocolatée sans lait (2 cuillères à café)
Céréales sans lait ou pain margarine (5g) |
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Collation |
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Midi |
Viande : 50 g
Pommes de terre ou équivalent : 100 g
Légumes verts : 100 g
Huile : 7 ml
Fruits : 100 ml |
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Viande : 75 g
Pommes de terre ou équivalent : 100 g
Légumes verts : 100 g
Huile : 10 ml
Fruits : 100 ml |
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Goûter |
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Jus de fruits : 100 ml
Pain + Margarine ou Biscuit
Petits pots de fruits |
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Dîner |
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Total de la journée |
1200 Kcal
37 g protides
420 mg Ca |
1200 Kcal.
37 g protides
400 mg Ca |
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Ces deux régimes sont
insuffisants en calcium. |
Régime d'éviction
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