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La vision du bébé
 

Très tôt le bébé possède une aptitude visuelle qui lui permet notamment de fixer et de reconnaître le visage de sa mère.

Dès sa naissance, un nourrisson est capable de voir et même de fixer son regard. Mais c’est pour lui encore difficile. Pour y arriver, il doit être dans de bonnes conditions car cette opération est encore difficile pour lui. S’il est confortablement couché dans son lit, à l’abri d’une lumière trop vive qui risquerait de l’éblouir, et s’il n’est pas tourmenté par une mauvaise digestion, il peut alors fixer son regard durant cinq à dix minutes.

La capacité visuelle du bébé

Au premier jour, le bébé est encore loin de voir comme un adulte. Son acuité est plus faible, avec une valeur de 1/20ème seulement. Ce qui lui permet quand même de voir le visage d’un adulte. À 3 mois, son acuité est multipliée par deux, il pourrait s’il en avait les capacités faire du vélo dans un parc. Enfin à 6 mois, sa vue est assez précise pour voir les caractères d’un livre imprimé relativement gros, il est apte à distinguer tous les détails de la pièce où il vit. Sa capacité visuelle s’accroît donc très rapidement durant la première année puis va se poursuivre mais beaucoup plus lentement par la suite pour atteindre un maximum vers l’âge de 12 ans...

La vision en couleur de bébé

On retrouve cette progression pour d’autres paramètres de la vision du bébé comme la capacité d’ajustement à la distance, l’étendue du champ visuel, la vision du relief et des couleurs. Ainsi la couleur bleue est la première qu’il distingue vers l’âge de deux mois. Il les visualisera toutes vers trois mois. A quatre mois, le rouge est sa couleur préférée. Sa sensibilité aux couleurs augmente très vite la première année pour atteindre son maximum vers 12 ans. Mais il existe une différence importante entre la vision des couleurs et leurs dénominations. La dénomination est un processus mental beaucoup plus complexe. Jusqu’à 6 ans, l’enfant a encore le droit de se tromper.


Article réalisé avec la collaboration du Professeur François Vital-Durand qui a monté la première consultation «bébé-vision» en 1982 au Centre hospitalier Lyon-sud.

Source Kidiweb
http://www-db.kidiweb.com/

 

Les troubles de la vision chez les bébés

 

La qualité de la vision se joue dans tous les premiers mois de la vie

La vision détermine en grande partie le développement psychomoteur du jeune enfant. En effet, 90% des acquisitions du bébé se font grâce à ce qu'il voit. Or un enfant sur sept présente une anomalie visuelle pouvant entraîner un retard dans son éveil.


Le bébé (3 semaines) boit sa mère des yeux comme le lait de son sein, avec la même avidité.

 




Le nouveau-né (3 jours) fixe intensément sa mère (ou un autre adulte).

Le plus souvent ces anomalies peuvent être corrigées. Mais encore faut-il les avoir dépistés.

Si les parents constatent une anomalie quelconque (le bébé ne regarde pas ou louche en permanence par exemple), il faut consulter très tôt, dès le troisième mois.


Les cartes d'acuité. Ce sont des panneaux qui sont imprimés avec un motif calibré, de plus en plus fin.

Si tout semble aller bien, il peut être utile de faire néanmoins, à neuf mois, la visite de contrôle préconisée dans le carnet de santé de l’enfant.


On peut présenter les cartes d'acuité à un nouveau-né (ici de 4 jours) porté par sa mère. Les yeux de l'enfant sont attirés par le motif.

Cet examen d’une durée de 3/4 d’heure est encore facultatif. Pourtant il n’est pas sans intérêt car il permet de révéler différents troubles de la vision telles que les amétropies (myopies, hypermétropie, astigmatismes) ainsi que toute différence entre les deux yeux. Un enfant atteint d’un de ces troubles ne donne aucun signe de sa gène. Cependant il est important de les traiter car ceux-ci peuvent conduire à un strabisme ou à une faiblesse d’un œil par rapport à l’autre.


On présente les cartes d'acuité à l'enfant de plus de 4 mois dans l'ouverture d'un paravent, dans une situation qui ressemble au «guignol» dont les lyonnais revendiquent la paternité.

Le traitement de ces troubles est plus efficace s’il se fait tôt. Tout d’abord parce qu’ à neuf mois le bébé accepte très facilement des lunettes correctrices. En effet, les limites de son corps ne sont pas encore constituées. Et enfin, parce que le cerveau, à neuf mois, continue de se former en fonction de l’expérience visuelle de l’enfant.

A cinq ans, il est déjà trop tard, si sa vue n’a pas été corrigée par des lunettes, son cerveau ne développera plus la capacité d’analyser l’image dans ses détails. Ainsi un enfant très myope qui n’aurait jamais bénéficié de lunettes auparavant ne pourra jamais retrouver une vue parfaite même s’il porte des lunettes..


A partir de 7 ou 8 mois on peut tester si l'enfant a une vision stéréoscopique (ou du relief, ou de la profondeur) à l'aide de petits tests comme celui qui est présenté. L'enfant voit apparaître une image en relief et le désigne spontanément du doigt.

Enfin une faiblesse d’un œil peut s’installer durablement alors qu’il existe un traitement simple: il suffit de masquer l’œil dominant une heure par jour pendant six semaines. Avant 12 mois l’enfant guérit complètement. A cinq ans, l’enfant ne récupère que partiellement. À huit ans, le déséquilibre des yeux est définitivement installé

Dès la naissance les parents et les médecins doivent être à l’affût d’un point blanc dans l’œil. Il peut s’agir d’une cataracte. Si la tâche gêne la vision, il faut l’enlever, mais si elle est suffisamment petite pour ne pas empêcher le développement visuel, il suffit de surveiller son évolution.

Pour l’examen des neuf mois, il est recommandé de s’adresser à un ophtalmologiste spécialiste de la vision des bébés. Un pédiatre peut en effet passer à côté de multiples anomalies de la vision.

8,5 % des garçons sont daltoniens. Mieux vaut le savoir. Si vous avez un doute, emmenez votre enfant vers trois quatre ans chez un ophtalmologiste afin de dépister cette anomalie et éviter qu’il ne fasse l’objet de railleries.

 

Cet article a été réalisé avec la collaboration du Professeur François Vital-Durand qui a monté la première consultation «bébé-vision» en 1982 au Centre hospitalier Lyon-sud

Une interview du Docteur Isabelle Villard, ophtalmologiste.
Tout ce qu'il faut savoir

A quel âge faut-il consulter un ophtalmologiste ?

Dès qu'il y a des antécédents de strabisme dans la famille ou que l'on a l'impression que le bébé «louche», une visite s'impose dès les premières semaines ou quelques mois après la naissance. Sinon une visite devrait être systématique à l'entrée en maternelle vers 2 ans et demi-3ans, elle permet de connaître l'acuité visuelle de l'enfant, de dépister un trouble de la vision, un strabisme ou une anomalie du fond d'oeil. Le suivi médical est en général annuel, mais les consultations seront beaucoup plus rapprochées en cas de strabisme ou d'anisométropie (différence de vision entre les deux yeux).

Quels sont les symptômes qui doivent attirer l'attention ?

Un enfant qui fronce les yeux souvent, qui cligne trop fréquemment des yeux ou qui se plaint régulièrement de maux de tête doit être examiné. Cependant, on ne devra pas se fier à un enfant qui voit avec précision, par exemple les avions dans le ciel, car il peut très bien faire ces performances avec un seul oeil, délaissant dangereusement l'autre.

Quels sont les défauts les plus couramment rencontrés ?

L'hypermétropie, la myopie et l'astigmatisme.

C'est à dire ?

L'hypermétropie correspond à un oeil trop petit: c'est un défaut très courant chez les enfants qui disparaît le plus souvent vers 5-6 ans. En fait, tout se passe comme si l'oeil avait un retard de croissance qui se corrige dans les premières années de la vie. Ce défaut d'hypermétropie, très banal, ne sera traité par des lunettes que s'il est très important ou que s'il entraîne un strabisme convergent. Le plus souvent, l'enfant le compense tout seul car il est doué d'un énorme pouvoir d'accommodation (ce qui n'est pas le cas passé quarante ans).

La myopie correspond à un oeil trop «grand». C'est une anomalie assez rare avant 5 ans et qui apparaît le plus fréquemment après 6 ans.

L'astigmatisme est une déformation de la partie antérieure de l'oeil qui donne une vision déformée des images.

Comment se passe la visite chez l'ophtalmo ?

L'examen est en général assez ludique: utilisation de dessins, de jeux qui permettent de chiffrer l'acuité visuelle. Mais attention, l'ophtalmologiste peut être contraint d'instiller des gouttes visant à dilater la pupille de l'enfant, gênant sa vision de près et l'empêchant, à sa grande joie, de faire ses devoirs du soir.

Quelle correction peut-on apporter aux défauts visuels ?

La correction se fera toujours par des lunettes équipées de verres organiques incassables fournis par l'opticien selon la prescription médicale. Dans certains cas, il est nécessaire d'utiliser des caches ou secteurs afin de favoriser l'utilisation de l'oeil le plus faible. Enfin, l'usage des lentilles de contact reste réservé à des cas très particuliers dans la petite enfance (forte myopie unilatérale, cataracte congénitale opérée, strabisme accomodatif...) Plus tard, l'âge de prescription des premières lentilles sera fonction de la minutie et de l'hygiène de l'enfant, des sports pratiqués, de sa motivation et... du budget des parents !

Docteur Isabelle Villard, ophtalmologiste l'hôpital des Quinze-Vingt, Paris.

Témoignage

Les lentilles chez les bébés
Etant personnellement atteinte de défauts visuels très importants (amblyopie), je suis de près la vue de mes petits et je tâche de me tenir informée en ce qui concerne la pédo-ophtalmologie. Mon médecin, responsable du département contactologie aux Quinze-Vingts à Paris, m'a expliqué que le port de lentilles en correction demyopie ne s'applique pas, comme vous le stipulez, aux cas de myopies unilatérales fortes, mais à toutes les myopies, chez les bébés comme les petits enfants (ou les adultes). En effet, la lentille (rigide) empêche l'augmentation de la taille de l'oeil et donc par conséquent l'augmentation de cette myopie. En plus il semble que les enfants intègrent facilement les notions d'hygiène élémentaire nécessaire au port de lentilles et s'adaptent plus facilement que les adultes. Ce que j'en pense, c'est que le problème vient essentiellement des parents: du fait que les produits sont beaucoup trop chers d'une part (mais ce n'est pas les parents qui résoudront ce point!), d'autre part du fait que les parents ont rarement l'expérience de lentilles, ont peur de toucher les yeux des enfants. On craint ce qu'on ne connaît pas. Le message que je voudrais faire passer aux éventuels parents qui liraient cette réaction (et aux ophtalmos qui déconseillent les lentilles par manque d'information), c'est que les lentilles non seulement corrigeront mieux l'enfant que les lunettes, mais aussi stabiliseront la myopie, ne sont pas dangereuses en cas d'accident (tout ça c'est du vécu!!) car elles ne se cassent pas. Alors apprenez à mettre vos préjugés au placard, et mettez des lentilles à vos enfants myopes! Amitiés, Florence-Anne

Source Kidiweb
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