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Le cododo
 

Dormir avec son bébé est un comportement humain banal, c’est à dire largement pratiqué et qui a des implications sur la vie quotidienne, sur les relations familiales et les représentations que nous en avons. Les besoins du bébé sont analysés de façons fort différente, que l’on souhaite dormir avec lui ou au contraire qu’on essaye de le mettre à l’écart. Voilà une liste sans doute incomplète des bénéfices que peut apporter le sommeil partagé à votre famille.
 
Ne plus avoir peur

Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous êtes descendue seule à la cave alors que la nuit était tombée ? Et pour ceux qui habitent à la campagne, quand vous sortez la nuit fermer la porte du garage ou chercher le livre oublié sur un coin de pelouse, ne vous arrive-t-il pas de presser le pas avec un petit sentiment d’inquiétude ? Et ce bruit inconnu qui a surgit soudainement dans la nuit au milieu du murmure familier alors que vous étiez dans votre lit en train de vous endormir. Est-ce vous ou votre compagnon qui êtes allé vérifié que la porte de la maison était bien fermée ? L’obscurité, même à l’âge adulte, est source d’inquiétudes. Nous nous sentons vulnérables, à la merci d’un prédateur quel qu’il soit, réel ou fantasmagorique. Comme tous les animaux, nous ne pouvons dormir que dans un environnement suffisamment sûr, car au danger de l’obscurité s’ajoute avec le sommeil la diminution de notre vigilance. Donc pourquoi faudrait-il encore se compliquer les choses en rajoutant à tout ceci la solitude ? Voilà l’une des raisons principales qui nous poussent, nous et nos bébés, à dormir ensemble : nous protéger et chasser la peur de la nuit. Ce n’est pas parce que nous vivons dans des habitations modernes avec digicode et interphone pour certains que cette inquiétude s’est totalement évanouie : nous avons encore bien des réactions d’homme de Cro Magnon et la raison a bien peu à dire dans ce domaine. Ainsi ce jeune pompier new-yorkais, après les attentats du 11 septembre 2001, qui est allé retrouvé sa famille, et a réveillé son fils pour le faire dormir avec lui, dans son lit[1] : la peur, le stress, invitent parents et enfants à se rassembler pour se protéger et se rassurer.
 
Se reposer… enfin

La conséquence immédiate de cette sécurité éprouvée par le bébé qui dort avec un ou deux parents, est le calme des nuits sans pleurs, sans réveil, sans interruptions fatigantes. Ne plus se lever pour s’occuper du bébé la nuit est évidemment plus reposant pour tout le monde. On a vu que les réveils étaient normal pour un jeune enfant, et qu’il n’était pas raisonnable d’attendre d’un bébé allaité de six mois des nuits de 10 heures sans interruption. Mais quand il sent la présence de sa mère et/ou de son père, le bébé ne se réveillera souvent pas complètement (en tous les cas, les manifestations bruyantes seront fortement diminuées). Même les tétées se font dans un climat propice à l'endormissement, et de nombreux bébés tètent littéralement « en dormant ». De même, la mère n’a qu’à se pencher pour donner le sein, et bien souvent elle n’aura aucun souvenir de la fin de la tétée, se rendormant bien avant. Isabelle, maman d’un bébé de trois mois qui dort à ses côtés, déclare ainsi lors d’une réunion : « ce matin, quand je me suis réveillé, j’ai dit à mon mari : tiens, le bébé ne s’est pas réveillé. Il m’a répondu en rigolant que j’avais vraiment la mémoire courte, et qu’il l’avait bien observé en train de téter le sein cette nuit ! ». Le matin, au lieu de se lever pour chercher un bébé qui pleure puis de vous en occuper activement, il suffira d’avoir à proximité quelques jouets pour l’occuper pendant que vous continuerez de somnoler et de faire la grasse matinée. Ce qui retarde les réveils du dimanche matin, l'un des cauchemars des parents !
Le repos des parents et du reste de la famille (le bébé ne pleurant pratiquement jamais), sera le bénéfice le plus évident du sommeil partagé. Je me souviens des premières années, quand mes deux enfants Thomas et Clément avaient moins de trois ans. Ils avaient évidemment leur propre lit, dans lequel je pensais qu’ils devaient dormir paisiblement toute la nuit. Mais bien sûr, il n’en était rien. Souvent je me levais la nuit et restais un moment à leurs côtés pour les rendormir. Les endormissements étaient également très longs, je passais mes soirées assise à la porte de leur chambre en attendant qu’ils s’endorment. J’étais souvent épuisée le jour suivant ses nuits hachées : du genre marmotte, il me faut au moins huit heures de sommeil pour récupérer. Mais je ne pouvais pas non plus les laisser pleurer : d’abord parce que mon cœur de mère s’y opposait farouchement (et le « cœur de père » de mon mari également) ; ensuite parce que réveiller tout l’immeuble par des cris me semblait impossible. Il m’arrivait d’étendre un petit matelas, bien inconfortable, que je complétais avec quelques coussins, pour finir ma nuit, la main sur le berceau, en essayant de maintenir un léger balancement le plus longtemps possible. Je crois même qu’il m’est arrivé de dormir directement sur la moquette de leur chambre !
 
Le plaisir d’une proximité réelle

Dormir avec son bébé, c’est partager des moments d’une grande intimité. Il est possible d'observer ses mouvements quand il dort, de surveiller sa respiration, d'entendre ses moindres murmures. C’est une communication directe qui s’établit en court-circuitant notre cerveau « intelligent », et reliant directement les inconscients entre eux. La mère peut alors rassurer son enfant d’une caresse, d’un murmure, en lui prenant la main ou par sa simple présence et le souffle régulier de sa respiration. Dormir ensemble, ce n’est pas seulement sommeiller ensemble. C’est aussi se serrer l’un contre l’autre, se toucher, se sentir. C’est laisser sa personnalité intime s’exprimer dans un abandon total. Souvent, les bébés auront des mouvements instinctifs d’agrippement, de recherche de contact vers leur mère. Celle-ci ressentira une grande joie à sentir ainsi tout l’attachement profond (profond car hors de son contrôle) de son bébé pour elle. Elle y répondra elle-même par des mouvements « réflexes », et cette communication très primitive aura une répercussion sur leur relation. Dormir ensemble c'est donc pour la mère et l'enfant approfondir leur connaissance l'un de l'autre, particulièrement dans le champ du non-conscient, tant il est vrai que si l'éveil se place sous le signe de la volonté, le domaine du sommeil est celui de l'inconscient. Je me souviens encore du plaisir que j’avais à sentir le corps chaud de mon bébé, d’entendre sa respiration tranquille et ses légers soupirs ; également, ses bras qui soudain m’enlacent, sa bouche qui, alors qu’il n’était pas tout à fait réveillé, attrape mon sein pour téter ; et son odeur, cette odeur si particulière du bébé allaité qui transpire un peu, cette odeur enivrante qui m’appelait, mon nez enfoui dans ses cheveux, sa tête entre mes seins. Je me souviens du grand plaisir que j’éprouvais quand je rejoignais Camille ou Marin pour m’allonger près d’eux ; plaisir si grand que je m’endormais en deux minutes, parfois même malgré moi. C’est également un plaisir sans pareil que de se réveiller avec son bébé. Sortir du sommeil pour voir la joie l’illuminer quand son premier regard se pose sur vous est une véritable récompense.
 
La confiance en soi

C’est un corollaire immédiat du bénéfice précédent : le plaisir et la satisfaction ressentis par la mère favoriseront le développement de son narcissisme (c’est à dire de la bonne image qu’elle a d’elle-même), et donc sa relation avec le bébé. La confiance en soi peut-elle être mieux nourrie que par la certitude quotidiennement renouvelée de voir son propre corps servir de nid sécurisant pour son bébé ? Le visage d’un enfant calmement endormi et abandonné contre soi est sans nul doute un des signaux les plus puissants qui puissent assurer aux parents que tout va bien et qu’ils s’occupent bien de leur enfant. Les mères qui allaitent connaissent bien cette certitude qui les habite quand en fin de tétée le bébé s’endort, une perle de lait au coin des lèvres.
 
L’allaitement facilité

 Le sommeil partagé trouve tout son intérêt quand le bébé est allaité au sein : le bébé et sa mère se réveillent à peine pendant les tétées, ils ont juste à se rapprocher un peu plus, et pour le bébé, à ouvrir la bouche et attraper le mamelon, ce qu’il sait rapidement faire dans le noir complet avec une grande expertise. Dormir avec son bébé favorise l’allaitement :
les études montrent que les mères qui dorment avec leur bébé allaitent plus souvent et plus longtemps la nuit que les mères qui font dormir leur bébé à l’écart. Le sommeil partagé est également associé dans les études à une plus grande durée de l’allaitement. Est-il une cause ? Est-il une conséquence ? Il n’est pas facile de le dire. Ce comportement n’a souvent pas les faveurs de nos contemporains : choisi en dernier lieu parce qu’on n’arrive pas à faire dormir le bébé seul, le sommeil partagé est donc bien souvent une conséquence. Au contraire, l’allaitement est valorisé de nos jours : choisi, désiré, il a toutes les chances d’être une cause ! Les choses sont ainsi faites : la représentation que nous en avons les attire vers des catégories (cause ou conséquence) que notre esprit cartésien se plait à croire indépendantes du contexte. Mais en tout état de fait, l’expérience quotidienne de milliards de femmes prouve l’utilité de ce comportement où la proximité est favorisée. Et pour une fois, le bon sens pourrait suffire. On sait aujourd’hui que plus que la durée des tétées, c’est leur fréquence élevée qui est un facteur tout à fait positif pour la production de lait. De nombreuses mères chez nous interrompent l’allaitement par « manque de lait ». En fait, comme nous l’avons vu dans le premier chapitre, il s’agit de mauvaises pratiques d’allaitement, dues à l’ignorance des règles simples qui en assurent le succès. Les tétées nocturnes fréquentes sont alors précieuses et un moyen simple de faciliter l’allaitement.
Enfin pour les mères qui sont séparées de leur bébé la journée, c’est une façon sans pareille de maintenir l’allaitement, en favorisant des tétées nocturnes reposantes. C’est également valable pour un bébé très actif la journée[2]. Donner le sein la nuit, et en plus sans effort, voire même en dormant, est en fait une chance pour la mère et son enfant. Peut-on rêver mieux que de permettre à une mère de nourrir et de réconforter son bébé et ce sans aucune fatigue puisque en dormant ? Pourquoi se priver alors d’une telle facilité ?
 
Certaines difficultés d’allaitement seront plus facilement résolues si la mère dort aux côtés de son bébé. Permettre au bébé de téter le plus souvent possible la nuit peut être nécessaire pour certains bébés trop calmes, ou qui gagneraient à prendre plus de lait[3]. Il arrive que certains bébés refusent brusquement de téter leur mère : c’est alors souvent la nuit que, dans un état de demi-sommeil, ils se remettront à effectuer ce mouvement de succion instinctif qui mettra fin à cette « grève de la tétée ».
Si le bébé est nourri  au biberon, ces derniers peuvent être préparés à l’avance et laissés à portée de main. Ils seront évidemment moins facilement donnés que le sein qui ne nécessite que très peu de mouvements de la part de la mère et de son bébé. D'une façon générale, moins vous vous déplacerez, moins vous déplacerez le bébé et plus calme seront les nuits.
 
Une adaptation rapide à tous les changements de la vie quotidienne
En cas de changement de lieu de vie (vacances, visite chez la famille ou des amis, voyages, déménagement, …), le bébé aura toujours votre présence comme point de repère. Quand je partais avec mes trois premiers enfants dans la maison de campagne de mes parents, les nuits devenaient véritablement un cauchemar : les réveils se multipliaient, les enfants inquiets dans un nouveau lit, avec des odeurs étrangères, sans repères (le doudou n’est pas toujours suffisant dans ce cas). Le bébé qui dort contre ses parents habituellement sera nettement moins perturbé. Dormir dans un grand lit avec ses parents est commode à tous les points de vue : inutile de prévoir un lit d’enfant, une seule chambre sera suffisante et aucun matériel spécial pour le bébé ne sera nécessaire. Vous pouvez aller ainsi n’importe où, sans aucune contrainte matérielle.
 
Surveiller et rassurer son bébé

Dormir tout contre son bébé permet d’être très vite averti de tout problème le concernant. Je me souviens de Camille qui avait très rapidement des érythèmes fessiers. Y compris quand elle était exclusivement allaité, la moindre selle pouvait lui causer une irritation de la peau en quinze minutes. Comme les selles d’un bébé allaité ne sentent pas très fort, même en dormant à ses côtés il m’est arrivé de ne pas me rendre compte immédiatement que ma fille avait salie sa couche. Mais après lui avoir donné plusieurs fois le sein sans qu’elle ne retrouve le sommeil, j’inspectais  sa couche pour bien souvent déceler un érythème naissant. Aurais-je réagis aussi vite si j’avais dormi loin d’elle ? Egalement il m’est arrivé plusieurs fois de sentir mon bébé devenir anormalement chaud, et détecter ainsi très rapidement une montée de fièvre. Je me souviens encore de Marin qui s’est mis à tousser et à avoir des difficultés à respirer à cause d’une laryngite. Là encore, j’étais bien heureuse de pouvoir agir rapidement, dès les premières respirations rauques qui effraient tant les mamans, avant même que le bébé ne se réveille complètement et prévenant ainsi autant que possible ses pleurs et sa peur (qui n’améliorent jamais la situation). Rester auprès d’un bébé malade paraît le plus souvent indispensable à tous les parents.  Cette inquiétude est normale et tout à fait positive : je ne crois pas à la contamination de l’angoisse des parents vers le bébé. Il ne s’agit pas d’angoisse, mais d’intérêt et de sollicitude que seuls les parents peuvent ressentir. Ni le médecin, ni aucun professionnel n’auront de tels sentiments qui sont évidemment à la base des soins affectueux. Même les médecins les plus aguerris deviennent d’un sentimentalisme jugé excessif dans notre société quand il s’agit de leurs propres enfants. Si c’est le rôle des professionnels que de garder une certaine distance pour faciliter un diagnostique objectif, c’est bien celui des parents que de se préoccuper de leur bébé. Sentir que son bébé ne va pas bien est encore plus facile quand il est allaité car il se met à téter plus souvent dans ce cas (parfois avant même l’apparition des symptômes). La connaissance intime et permanente de son bébé facilite le repérage de tout problème et permet de donner vite l’alerte.

[1] Reportage de France 3 diffusé le 11 septembre 2002.
[2] A partir d’un certain âge, par exemple au début de l’acquisition de la marche, le bébé est tellement absorbé par ses nouvelles possibilités qu’il se montre souvent moins intéressé par la tétée.
[3] Si la courbe de poids ne doit pas devenir une épée de Damoclès suspendue au-dessus des mères et de leur bébé, certains bébés auraient bien besoin de quelques tétées supplémentaires.

Source: http://cododo.free.fr

 

Le sommeil partagé : beaucoup plus sûr

 L'auteur analyse les données d'une étude effectuée conjointement par la commission de sécurité des produits manufacturés (CPSC) et une association de fabricants de berceaux (JPMA), et dont les résultats ont été utilisés pour recommander aux parents « de ne jamais dormir avec leur enfant, le seul endroit sûr pour faire dormir un bébé étant un berceau ». Il est intéressant de noter par ailleurs que la JMPA a dépensé environ 175.000 $ pour diffuser largement le résultat de cette étude. Ses représentants clament toutefois qu'ils s'abstiennent de dire aux parents que les berceaux sont le meilleur endroit pour faire dormir les bébés, et affirment se contenter de donner de bonnes informations aux consommateurs sur le sommeil des jeunes enfants.

Cette étude porte sur 2178 cas de décès par suffocation survenus aux USA entre 1980 et 1997 chez des enfants de moins de 13 mois. Malheureusement, les données fournies par cette étude sont succinctes. Pour ces décès, l' affirmation de la survenue du décès dans le lit parental est posée pour seulement 139 cas, et la certitude de la présence d'une autre personne dans le lit avec l'enfant est affirmée dans 102 cas. D'après ces mêmes données, 428 enfants sont décédés alors qu'ils étaient dans leur berceau ou leur petit lit. Pour les autres décès, il n'existe pas de données permettant de savoir ce qui s'est passé exactement, à savoir si l'enfant était dans le lit parental, un lit pour enfant, ou un berceau. On ne sait rien non plus de la présence éventuelle d'un adulte près de l'enfant.

 Donc, il n'y a que pour seulement 567 enfants que l'on connaît l'endroit où était l'enfant au moment du décès : 139 dans le lit parental + 428 dans un berceau ou un lit pour enfant ; soit 25% dans le lit parental, et 75% dans un berceau. Cette donnée brute est inutilisable, car elle doit être corrigée pour le pourcentage de bébés dormant dans le lit parental ou dans un berceau. Cette donnée est fournie par une autre étude, effectuée tous les ans sur environ 1800 mères pour évaluer les pratiques de soins aux jeunes enfants, entre 2 et 6 mois (parfois 9 mois). Les réponses à la question sur le sommeil de l'enfant dans le lit parental ont été analysées entre 1991 et 1999. Dans l'ensemble, environ 7% des enfants dorment systématiquement dans le lit parental, 40% le font de façon itérative (une partie de la nuit, ou pas toutes les nuits), et 33% ne le font jamais. Certes, cela ne permet pas d'apprécier avec une totale exactitude les habitudes de sommeil, mais cela permet toutefois de constater que le sommeil de l'enfant dans le lit parental n'est pas une pratique marginale.

 A partir de ces données, on pouvait estimer qu'il était dans l'ensemble 2 fois moins dangereux pour l'enfant de dormir avec ses parents que de dormir seul dans son berceau et dans sa chambre.

Cosleeping is twice as safe. T Kimmel. Mothering September-October 2002 ; 52-56.

Impact à long terme du sommeil partagé

205 familles ont été enrôlées pendant le 3ème trimestre de grossesse, et ont été suivies jusqu'au moment où l'enfant concerné a eu 18 ans. Ces familles étaient de types très variées : mères célibataires, couples non mariés, couples mariés, et petites communautés. Elles vivaient un peut partout en Europe et aux USA, et appartenaient à tous les milieux socio-économiques et culturels. La pratique du sommeil partagé a été évaluée à l'aide de questionnaires lorsque l'enfant était âgé de 5 mois, puis de 3, 4 et 6 ans. Le statut psychologique de l'enfant a été évalué à 6 ans par divers spécialistes et à l'aide de divers tests. L'existence éventuelle de troubles du sommeil a été recherchée à 2 et 6 ans, ainsi que celle de troubles de la sexualité. A l'âge de 18 ans, les adolescents ont passé toute une batterie de tests destinés à évaluer leur niveau de confiance en eux, leurs rapports avec leur entourage (parents, fratrie, autres jeunes, autres adultes.), leur développement psychologique et sexuel.

35% des parents prenaient plus ou moins régulièrement leur enfant dans leur lit ou dans leur chambre à 5 mois, 7% à 3 ans, 10% à 4 ans, et 4% à 6 ans. La culture d'origine jouait un rôle, ainsi que des facteurs tels qu'une certaine libéralité, ou le fait de souhaiter un parentage naturel. 89,5% des enfants avaient été allaités, pour une durée moyenne de 11,6 mois. la durée de l'allaitement était plus longue lorsque l'enfant partageait le lit de ses parents.

A l'âge de 6 ans, le sommeil partagé était associé à un développement cognitif significativement meilleur ; aucune corrélation n'a pu être constatée avec des troubles du sommeil, du développement sexuel, ou de quoi que ce soit d'autre. A 18 ans, le sommeil partagé n'avait aucun impact, ni positif, ni négatif, sur tous les paramètres évalués. Divers autres facteurs avaient un impact positif ou négatif (alcoolisme parental, valeurs parentales.).

Les auteurs concluent que le sommeil partagé n'induit aucun problème de quelque ordre que ce soit, ni pendant l'enfance, ni pendant l'adolescence. Ces résultats concordent avec ce qui a été constaté dans les cultures où cette pratique reste la norme. Le fait que le développement cognitif à 6 ans était meilleur chez les enfants qui avaient dormi dans le lit de leurs parents est intéressant, mais il n'existe aucune théorie rationnelle pour l' expliquer ; il est possible que ce soit un artéfact dû à des variables non contrôlées. Quoi qu'il en soit, il n'existe aucune raison valable de croire que le fait de dormir seul est meilleur pour l'enfant, et de déconseiller aux parents de prendre leur enfant dans leur lit.

 Outcome correlates of parent-child bedsharing : an eighteen-year longitudinal study. P Okami, T Weisner, R Olmstead. J Dex Behav Pediatr 2002 ; 23 : 244-253. Mots-clés : sommeil partagé, famille, adolescence.


Liens : http://cododo.free.fr


Petits mots de mamans

Mon petit a 18 mois, il dort dans un matelas une place par terre dans sa chambre. Vers ses 1 an, il dormait sur un petit matelas en side à côté du notre, puis progressivement je l'endormais dans sa chambre puis il finissait sa nuit avec nous, puis il se réveillait moins, et c'est moi qui venait lui donner le sein, souvent je m'endormais aussi et je revenais dans ma chambre ensuite, et finalement depuis deux mois environ, je me lève pour lui donner le sein et je repars dans mon lit, c'est très rare que je m'endorme à côté de lui.
En ce moment il fait généralement un réveil, mais il me tarde quand même qu'il dorme d'une traite!!
Il n'y a pas UN cododo, mais des façons de pratiquer le cododo, en fonction des envies et des besoins de chacun, de l'évolution du bébé..

Ben moi ma fille (18 mois) ne dort pas dans notre lit (sauf exception) car mon mari n'est pas trop chaud, par contre, c'est moi qui vais dormir avec elle sur un grand matelas dans sa chambre entre minuit (1er réveil) et 6h (tétée) grosso modo (cette façon de faire ne pose pas de pb à mon mari sauf de temps en temps où il lui prend une poussée de "est-ce que c'est pas une mauvaise habitude" que je règle assez vite avec l'aide de vos témoignages). Je passe donc le début de la nuit en amoureux ainsi que le réveil.

J'ai une collègue qui s'est confiée à moi car je n'ai jamais caché à personne que mon petit dormait avec nous. C'est à ce moment là qu'elle a osé dire que sa fille de 4 ans dormait aussi toujours dans le lit parental. Avec la même conclusion que moi : nos enfants iront se coucher seuls dans leurs lits quand ils se sentiront prêts. Il y beaucoup de tabou autour du cododo, comme pour l'allaitement d'un bambin, d'ailleurs, sûrement au niveau des peurs liées à l'oedipe et tout le toutim. Le plus drôle, c'est que ma mère et ma belle-mère dorment aussi avec mon petit quand elles l'ont en garde, sans que je ne leur ait jamais rien demandé !!! Alors qu'à mon mari et moi, on nous a "joyeusement" laisser hurler dans notre lit, étant bébés. Belle revanche, n'est-ce-pas ???

Je pensais pendant un long moment être la seule dans mon entourage professionnel à pratiquer le cododo. Et puis au fil du temps, entre collègue, on se parle et on découvre que finalement, beaucoup le pratique. Finalement, je me demande si ce n'est pas beaucoup plus répandu qu'on le pense mais que peu en parle justement par peur du qu'en dira t'on ?

Nous on fait du cododo à 100 %. Pour les câlins ont déplace bb, enfin bambin et on le ramene ; ça ne dérange pas le papa car on a un grand lit plus un petit à la suite.

Quand mon bébé est arrivé, je n'imaginais même pas qu'un bébé puisse dormir avec ses parents (je n'y avais jamais réfléchi). Encouragée par la lecture de M. Thirion, j'étais décidée a ce qu'il dorme dans sa chambre des le début. Le hasard (je n'y crois pas !) a fait que sa chambre n'était pas finie à notre retour de la maternité. Il s'est donc retrouvé en side car avec nous. Ce qui m'a vite fait voir les avantages. Puis je vous ai connu, vous aie lues, avec vos différentes expériences. Mon avis est toujours partagé, mais pour le moment, le "chambre a part" n'est pas d'actualité. Là ou je me pose (posais) des questions c'est sur l'opinion de mon mari : en effet, les choses s'étant faites "toutes seules",nous n'en avons pas encore discuté. Mais hier, je me suis couchée après mes deux hommes, et quand je suis arrivée dans la chambre, j'ai été rassurée par rapport à l'opinion de mon mari sur le cododo : mon mari était à sa place, sur le ventre, mon petit à la mienne, sur le côté, calé par mon oreiller, et mon mari avait une main sur lui. Tout le monde dormait. Je me suis glissée discrètement dans le lit. J'ai dormi jusqu'à la tétée suivante, là ,j'ai rendormi mon petit et l'ai remis dans son berceau. Ce matin, après la tétée, son père l'a pris pour le rendormir. Puis nous avons discuté, .non,le cododo ne le dérange pas : voir son fils si paisible le rend heureux et puis "ce matin quand tu me l'a donné, il avait froid aux mains, alors que quand il dort avec nous, ça n'arrive pas !!"