Dormir avec son bébé est un comportement humain
banal, c’est à dire largement pratiqué et qui a des implications sur la
vie quotidienne, sur les relations familiales et les représentations que
nous en avons. Les besoins du bébé sont analysés de façons fort
différente, que l’on souhaite dormir avec lui ou au contraire qu’on
essaye de le mettre à l’écart. Voilà une liste sans doute incomplète des
bénéfices que peut apporter le sommeil partagé à votre famille.
Ne plus avoir peur
Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous êtes descendue seule à
la cave alors que la nuit était tombée ? Et pour ceux qui habitent à la
campagne, quand vous sortez la nuit fermer la porte du garage ou
chercher le livre oublié sur un coin de pelouse, ne vous arrive-t-il pas
de presser le pas avec un petit sentiment d’inquiétude ? Et ce bruit
inconnu qui a surgit soudainement dans la nuit au milieu du murmure
familier alors que vous étiez dans votre lit en train de vous endormir.
Est-ce vous ou votre compagnon qui êtes allé vérifié que la porte de la
maison était bien fermée ? L’obscurité, même à l’âge adulte, est source
d’inquiétudes. Nous nous sentons vulnérables, à la merci d’un prédateur
quel qu’il soit, réel ou fantasmagorique. Comme tous les animaux, nous
ne pouvons dormir que dans un environnement suffisamment sûr, car au
danger de l’obscurité s’ajoute avec le sommeil la diminution de notre
vigilance. Donc pourquoi faudrait-il encore se compliquer les choses en
rajoutant à tout ceci la solitude ? Voilà l’une des raisons principales
qui nous poussent, nous et nos bébés, à dormir ensemble : nous protéger
et chasser la peur de la nuit. Ce n’est pas parce que nous vivons dans
des habitations modernes avec digicode et interphone pour certains que
cette inquiétude s’est totalement évanouie : nous avons encore bien des
réactions d’homme de Cro Magnon et la raison a bien peu à dire dans ce
domaine. Ainsi ce jeune pompier new-yorkais, après les attentats du 11
septembre 2001, qui est allé retrouvé sa famille, et a réveillé son fils
pour le faire dormir avec lui, dans son lit[1] : la peur, le stress,
invitent parents et enfants à se rassembler pour se protéger et se
rassurer.
Se reposer… enfin
La conséquence immédiate de cette sécurité éprouvée par le bébé qui dort
avec un ou deux parents, est le calme des nuits sans pleurs, sans
réveil, sans interruptions fatigantes. Ne plus se lever pour s’occuper
du bébé la nuit est évidemment plus reposant pour tout le monde. On a vu
que les réveils étaient normal pour un jeune enfant, et qu’il n’était
pas raisonnable d’attendre d’un bébé allaité de six mois des nuits de 10
heures sans interruption. Mais quand il sent la présence de sa mère
et/ou de son père, le bébé ne se réveillera souvent pas complètement (en
tous les cas, les manifestations bruyantes seront fortement diminuées).
Même les tétées se font dans un climat propice à l'endormissement, et de
nombreux bébés tètent littéralement « en dormant ». De même, la mère n’a
qu’à se pencher pour donner le sein, et bien souvent elle n’aura aucun
souvenir de la fin de la tétée, se rendormant bien avant. Isabelle,
maman d’un bébé de trois mois qui dort à ses côtés, déclare ainsi lors
d’une réunion : « ce matin, quand je me suis réveillé, j’ai dit à mon
mari : tiens, le bébé ne s’est pas réveillé. Il m’a répondu en rigolant
que j’avais vraiment la mémoire courte, et qu’il l’avait bien observé en
train de téter le sein cette nuit ! ». Le matin, au lieu de se lever
pour chercher un bébé qui pleure puis de vous en occuper activement, il
suffira d’avoir à proximité quelques jouets pour l’occuper pendant que
vous continuerez de somnoler et de faire la grasse matinée. Ce qui
retarde les réveils du dimanche matin, l'un des cauchemars des parents !
Le repos des parents et du reste de la famille (le bébé ne pleurant
pratiquement jamais), sera le bénéfice le plus évident du sommeil
partagé. Je me souviens des premières années, quand mes deux enfants
Thomas et Clément avaient moins de trois ans. Ils avaient évidemment
leur propre lit, dans lequel je pensais qu’ils devaient dormir
paisiblement toute la nuit. Mais bien sûr, il n’en était rien. Souvent
je me levais la nuit et restais un moment à leurs côtés pour les
rendormir. Les endormissements étaient également très longs, je passais
mes soirées assise à la porte de leur chambre en attendant qu’ils
s’endorment. J’étais souvent épuisée le jour suivant ses nuits hachées :
du genre marmotte, il me faut au moins huit heures de sommeil pour
récupérer. Mais je ne pouvais pas non plus les laisser pleurer : d’abord
parce que mon cœur de mère s’y opposait farouchement (et le « cœur de
père » de mon mari également) ; ensuite parce que réveiller tout
l’immeuble par des cris me semblait impossible. Il m’arrivait d’étendre
un petit matelas, bien inconfortable, que je complétais avec quelques
coussins, pour finir ma nuit, la main sur le berceau, en essayant de
maintenir un léger balancement le plus longtemps possible. Je crois même
qu’il m’est arrivé de dormir directement sur la moquette de leur
chambre !
Le plaisir d’une proximité réelle
Dormir avec son bébé, c’est partager des moments d’une grande intimité.
Il est possible d'observer ses mouvements quand il dort, de surveiller
sa respiration, d'entendre ses moindres murmures. C’est une
communication directe qui s’établit en court-circuitant notre cerveau
« intelligent », et reliant directement les inconscients entre eux. La
mère peut alors rassurer son enfant d’une caresse, d’un murmure, en lui
prenant la main ou par sa simple présence et le souffle régulier de sa
respiration. Dormir ensemble, ce n’est pas seulement sommeiller
ensemble. C’est aussi se serrer l’un contre l’autre, se toucher, se
sentir. C’est laisser sa personnalité intime s’exprimer dans un abandon
total. Souvent, les bébés auront des mouvements instinctifs
d’agrippement, de recherche de contact vers leur mère. Celle-ci
ressentira une grande joie à sentir ainsi tout l’attachement profond
(profond car hors de son contrôle) de son bébé pour elle. Elle y
répondra elle-même par des mouvements « réflexes », et cette
communication très primitive aura une répercussion sur leur relation.
Dormir ensemble c'est donc pour la mère et l'enfant approfondir leur
connaissance l'un de l'autre, particulièrement dans le champ du
non-conscient, tant il est vrai que si l'éveil se place sous le signe de
la volonté, le domaine du sommeil est celui de l'inconscient. Je me
souviens encore du plaisir que j’avais à sentir le corps chaud de mon
bébé, d’entendre sa respiration tranquille et ses légers soupirs ;
également, ses bras qui soudain m’enlacent, sa bouche qui, alors qu’il
n’était pas tout à fait réveillé, attrape mon sein pour téter ; et son
odeur, cette odeur si particulière du bébé allaité qui transpire un peu,
cette odeur enivrante qui m’appelait, mon nez enfoui dans ses cheveux,
sa tête entre mes seins. Je me souviens du grand plaisir que j’éprouvais
quand je rejoignais Camille ou Marin pour m’allonger près d’eux ;
plaisir si grand que je m’endormais en deux minutes, parfois même malgré
moi. C’est également un plaisir sans pareil que de se réveiller avec son
bébé. Sortir du sommeil pour voir la joie l’illuminer quand son premier
regard se pose sur vous est une véritable récompense.
La confiance en soi
C’est un corollaire immédiat du bénéfice précédent : le plaisir et la
satisfaction ressentis par la mère favoriseront le développement de son
narcissisme (c’est à dire de la bonne image qu’elle a d’elle-même), et
donc sa relation avec le bébé. La confiance en soi peut-elle être mieux
nourrie que par la certitude quotidiennement renouvelée de voir son
propre corps servir de nid sécurisant pour son bébé ? Le visage d’un
enfant calmement endormi et abandonné contre soi est sans nul doute un
des signaux les plus puissants qui puissent assurer aux parents que tout
va bien et qu’ils s’occupent bien de leur enfant. Les mères qui
allaitent connaissent bien cette certitude qui les habite quand en fin
de tétée le bébé s’endort, une perle de lait au coin des lèvres.
L’allaitement facilité
Le sommeil partagé trouve tout son intérêt quand le bébé est allaité au
sein : le bébé et sa mère se réveillent à peine pendant les tétées, ils
ont juste à se rapprocher un peu plus, et pour le bébé, à ouvrir la
bouche et attraper le mamelon, ce qu’il sait rapidement faire dans le
noir complet avec une grande expertise. Dormir avec son bébé favorise
l’allaitement :
les études montrent que les mères qui dorment avec leur bébé allaitent
plus souvent et plus longtemps la nuit que les mères qui font dormir
leur bébé à l’écart. Le sommeil partagé est également associé dans les
études à une plus grande durée de l’allaitement. Est-il une cause ?
Est-il une conséquence ? Il n’est pas facile de le dire. Ce comportement
n’a souvent pas les faveurs de nos contemporains : choisi en dernier
lieu parce qu’on n’arrive pas à faire dormir le bébé seul, le sommeil
partagé est donc bien souvent une conséquence. Au contraire,
l’allaitement est valorisé de nos jours : choisi, désiré, il a toutes
les chances d’être une cause ! Les choses sont ainsi faites : la
représentation que nous en avons les attire vers des catégories (cause
ou conséquence) que notre esprit cartésien se plait à croire
indépendantes du contexte. Mais en tout état de fait, l’expérience
quotidienne de milliards de femmes prouve l’utilité de ce comportement
où la proximité est favorisée. Et pour une fois, le bon sens pourrait
suffire. On sait aujourd’hui que plus que la durée des tétées, c’est
leur fréquence élevée qui est un facteur tout à fait positif pour la
production de lait. De nombreuses mères chez nous interrompent
l’allaitement par « manque de lait ». En fait, comme nous l’avons vu
dans le premier chapitre, il s’agit de mauvaises pratiques
d’allaitement, dues à l’ignorance des règles simples qui en assurent le
succès. Les tétées nocturnes fréquentes sont alors précieuses et un
moyen simple de faciliter l’allaitement.
Enfin pour les mères qui sont séparées de leur bébé la journée, c’est
une façon sans pareille de maintenir l’allaitement, en favorisant des
tétées nocturnes reposantes. C’est également valable pour un bébé très
actif la journée[2]. Donner le sein la nuit, et en plus sans effort,
voire même en dormant, est en fait une chance pour la mère et son
enfant. Peut-on rêver mieux que de permettre à une mère de nourrir et de
réconforter son bébé et ce sans aucune fatigue puisque en dormant ?
Pourquoi se priver alors d’une telle facilité ?
Certaines difficultés d’allaitement seront plus facilement résolues si
la mère dort aux côtés de son bébé. Permettre au bébé de téter le plus
souvent possible la nuit peut être nécessaire pour certains bébés trop
calmes, ou qui gagneraient à prendre plus de lait[3]. Il arrive que
certains bébés refusent brusquement de téter leur mère : c’est alors
souvent la nuit que, dans un état de demi-sommeil, ils se remettront à
effectuer ce mouvement de succion instinctif qui mettra fin à cette
« grève de la tétée ».
Si le bébé est nourri au biberon, ces derniers peuvent être préparés à
l’avance et laissés à portée de main. Ils seront évidemment moins
facilement donnés que le sein qui ne nécessite que très peu de
mouvements de la part de la mère et de son bébé. D'une façon générale,
moins vous vous déplacerez, moins vous déplacerez le bébé et plus calme
seront les nuits.
Une adaptation rapide à tous les changements de la vie quotidienne
En cas de changement de lieu de vie (vacances, visite chez la famille ou
des amis, voyages, déménagement, …), le bébé aura toujours votre
présence comme point de repère. Quand je partais avec mes trois premiers
enfants dans la maison de campagne de mes parents, les nuits devenaient
véritablement un cauchemar : les réveils se multipliaient, les enfants
inquiets dans un nouveau lit, avec des odeurs étrangères, sans repères
(le doudou n’est pas toujours suffisant dans ce cas). Le bébé qui dort
contre ses parents habituellement sera nettement moins perturbé. Dormir
dans un grand lit avec ses parents est commode à tous les points de
vue : inutile de prévoir un lit d’enfant, une seule chambre sera
suffisante et aucun matériel spécial pour le bébé ne sera nécessaire.
Vous pouvez aller ainsi n’importe où, sans aucune contrainte matérielle.
Surveiller et rassurer son bébé
Dormir tout contre son bébé permet d’être très vite averti de tout
problème le concernant. Je me souviens de Camille qui avait très
rapidement des érythèmes fessiers. Y compris quand elle était
exclusivement allaité, la moindre selle pouvait lui causer une
irritation de la peau en quinze minutes. Comme les selles d’un bébé
allaité ne sentent pas très fort, même en dormant à ses côtés il m’est
arrivé de ne pas me rendre compte immédiatement que ma fille avait salie
sa couche. Mais après lui avoir donné plusieurs fois le sein sans
qu’elle ne retrouve le sommeil, j’inspectais sa couche pour bien
souvent déceler un érythème naissant. Aurais-je réagis aussi vite si
j’avais dormi loin d’elle ? Egalement il m’est arrivé plusieurs fois de
sentir mon bébé devenir anormalement chaud, et détecter ainsi très
rapidement une montée de fièvre. Je me souviens encore de Marin qui
s’est mis à tousser et à avoir des difficultés à respirer à cause d’une
laryngite. Là encore, j’étais bien heureuse de pouvoir agir rapidement,
dès les premières respirations rauques qui effraient tant les mamans,
avant même que le bébé ne se réveille complètement et prévenant ainsi
autant que possible ses pleurs et sa peur (qui n’améliorent jamais la
situation). Rester auprès d’un bébé malade paraît le plus souvent
indispensable à tous les parents. Cette inquiétude est normale et tout
à fait positive : je ne crois pas à la contamination de l’angoisse des
parents vers le bébé. Il ne s’agit pas d’angoisse, mais d’intérêt et de
sollicitude que seuls les parents peuvent ressentir. Ni le médecin, ni
aucun professionnel n’auront de tels sentiments qui sont évidemment à la
base des soins affectueux. Même les médecins les plus aguerris
deviennent d’un sentimentalisme jugé excessif dans notre société quand
il s’agit de leurs propres enfants. Si c’est le rôle des professionnels
que de garder une certaine distance pour faciliter un diagnostique
objectif, c’est bien celui des parents que de se préoccuper de leur
bébé. Sentir que son bébé ne va pas bien est encore plus facile quand il
est allaité car il se met à téter plus souvent dans ce cas (parfois
avant même l’apparition des symptômes). La connaissance intime et
permanente de son bébé facilite le repérage de tout problème et permet
de donner vite l’alerte.
[1] Reportage de France 3 diffusé le 11 septembre 2002.
[2] A partir d’un certain âge, par exemple au début de l’acquisition de
la marche, le bébé est tellement absorbé par ses nouvelles possibilités
qu’il se montre souvent moins intéressé par la tétée.
[3] Si la courbe de poids ne doit pas devenir une épée de Damoclès
suspendue au-dessus des mères et de leur bébé, certains bébés auraient
bien besoin de quelques tétées supplémentaires.
L'auteur analyse les données d'une étude
effectuée conjointement par la commission de sécurité des produits
manufacturés (CPSC) et une association de fabricants de berceaux (JPMA),
et dont les résultats ont été utilisés pour recommander aux parents
« de ne jamais dormir avec leur enfant, le seul endroit sûr pour
faire dormir un bébé étant un berceau ». Il est intéressant de noter
par ailleurs que la JMPA a dépensé environ 175.000 $ pour diffuser
largement le résultat de cette étude. Ses représentants clament
toutefois qu'ils s'abstiennent de dire aux parents que les berceaux
sont le meilleur endroit pour faire dormir les bébés, et affirment
se contenter de donner de bonnes informations aux consommateurs sur
le sommeil des jeunes enfants.
Cette étude porte sur 2178 cas de décès par
suffocation survenus aux USA entre 1980 et 1997 chez des enfants de
moins de 13 mois. Malheureusement, les données fournies par cette
étude sont succinctes. Pour ces décès, l' affirmation de la survenue
du décès dans le lit parental est posée pour seulement 139 cas, et
la certitude de la présence d'une autre personne dans le lit avec
l'enfant est affirmée dans 102 cas. D'après ces mêmes données, 428
enfants sont décédés alors qu'ils étaient dans leur berceau ou leur
petit lit. Pour les autres décès, il n'existe pas de données
permettant de savoir ce qui s'est passé exactement, à savoir si
l'enfant était dans le lit parental, un lit pour enfant, ou un
berceau. On ne sait rien non plus de la présence éventuelle d'un
adulte près de l'enfant.
Donc, il n'y a que pour seulement 567 enfants
que l'on connaît l'endroit où était l'enfant au moment du décès :
139 dans le lit parental + 428 dans un berceau ou un lit pour enfant
; soit 25% dans le lit parental, et 75% dans un berceau. Cette
donnée brute est inutilisable, car elle doit être corrigée pour le
pourcentage de bébés dormant dans le lit parental ou dans un
berceau. Cette donnée est fournie par une autre étude, effectuée
tous les ans sur environ 1800 mères pour évaluer les pratiques de
soins aux jeunes enfants, entre 2 et 6 mois (parfois 9 mois). Les
réponses à la question sur le sommeil de l'enfant dans le lit
parental ont été analysées entre 1991 et 1999. Dans l'ensemble,
environ 7% des enfants dorment systématiquement dans le lit
parental, 40% le font de façon itérative (une partie de la nuit, ou
pas toutes les nuits), et 33% ne le font jamais. Certes, cela ne
permet pas d'apprécier avec une totale exactitude les habitudes de
sommeil, mais cela permet toutefois de constater que le sommeil de
l'enfant dans le lit parental n'est pas une pratique marginale.
A partir de ces données, on pouvait estimer
qu'il était dans l'ensemble 2 fois moins dangereux pour l'enfant de
dormir avec ses parents que de dormir seul dans son berceau et dans
sa chambre.
Cosleeping is twice as safe. T Kimmel.
Mothering September-October 2002 ; 52-56.
Impact à long terme du
sommeil partagé
205 familles ont été enrôlées pendant le 3ème
trimestre de grossesse, et ont été suivies jusqu'au moment où l'enfant
concerné a eu 18 ans. Ces familles étaient de types très variées :
mères célibataires, couples non mariés, couples mariés, et petites
communautés. Elles vivaient un peut partout en Europe et aux USA, et
appartenaient à tous les milieux socio-économiques et culturels. La
pratique du sommeil partagé a été évaluée à l'aide de questionnaires
lorsque l'enfant était âgé de 5 mois, puis de 3, 4 et 6 ans. Le statut
psychologique de l'enfant a été évalué à 6 ans par divers spécialistes
et à l'aide de divers tests. L'existence éventuelle de troubles du
sommeil a été recherchée à 2 et 6 ans, ainsi que celle de troubles de
la sexualité. A l'âge de 18 ans, les adolescents ont passé toute une
batterie de tests destinés à évaluer leur niveau de confiance en eux,
leurs rapports avec leur entourage (parents, fratrie, autres jeunes,
autres adultes.), leur développement psychologique et sexuel.
35% des parents prenaient plus ou moins
régulièrement leur enfant dans leur lit ou dans leur chambre à 5 mois,
7% à 3 ans, 10% à 4 ans, et 4% à 6 ans. La culture d'origine jouait un
rôle, ainsi que des facteurs tels qu'une certaine libéralité, ou le
fait de souhaiter un parentage naturel. 89,5% des enfants avaient été
allaités, pour une durée moyenne de 11,6 mois. la durée de
l'allaitement était plus longue lorsque l'enfant partageait le lit de
ses parents.
A l'âge de 6 ans, le sommeil partagé était associé à un développement
cognitif significativement meilleur ; aucune corrélation n'a pu être
constatée avec des troubles du sommeil, du développement sexuel, ou de
quoi que ce soit d'autre. A 18 ans, le sommeil partagé n'avait aucun
impact, ni positif, ni négatif, sur tous les paramètres évalués.
Divers autres facteurs avaient un impact positif ou négatif
(alcoolisme parental, valeurs parentales.).
Les auteurs concluent que le sommeil partagé
n'induit aucun problème de quelque ordre que ce soit, ni pendant
l'enfance, ni pendant l'adolescence. Ces résultats concordent avec ce
qui a été constaté dans les cultures où cette pratique reste la norme.
Le fait que le développement cognitif à 6 ans était meilleur chez les
enfants qui avaient dormi dans le lit de leurs parents est
intéressant, mais il n'existe aucune théorie rationnelle pour l'
expliquer ; il est possible que ce soit un artéfact dû à des variables
non contrôlées. Quoi qu'il en soit, il n'existe aucune raison valable
de croire que le fait de dormir seul est meilleur pour l'enfant, et de
déconseiller aux parents de prendre leur enfant dans leur lit.
Outcome correlates of parent-child bedsharing : an eighteen-year
longitudinal study. P Okami, T Weisner, R Olmstead. J Dex Behav
Pediatr 2002 ; 23 : 244-253. Mots-clés : sommeil partagé, famille,
adolescence.
Mon petit a 18 mois, il dort dans un matelas une
place par terre dans sa chambre. Vers ses 1 an, il dormait sur un
petit matelas en side à côté du notre, puis progressivement je
l'endormais dans sa chambre puis il finissait sa nuit avec nous, puis
il se réveillait moins, et c'est moi qui venait lui donner le sein,
souvent je m'endormais aussi et je revenais dans ma chambre ensuite,
et finalement depuis deux mois environ, je me lève pour lui donner le
sein et je repars dans mon lit, c'est très rare que je m'endorme à
côté de lui.
En ce moment il fait généralement un réveil, mais il me tarde quand
même qu'il dorme d'une traite!!
Il n'y a pas UN cododo, mais des façons de pratiquer le cododo, en
fonction des envies et des besoins de chacun, de l'évolution du bébé..
Ben moi ma fille (18 mois)
ne dort pas dans notre lit (sauf exception) car mon mari n'est pas
trop chaud, par contre, c'est moi qui vais dormir avec elle sur un
grand matelas dans sa chambre entre minuit (1er réveil) et 6h
(tétée) grosso modo (cette façon de faire ne pose pas de pb à mon
mari sauf de temps en temps où il lui prend une poussée de "est-ce
que c'est pas une mauvaise habitude" que je règle assez vite avec
l'aide de vos témoignages). Je passe donc le début de la nuit en
amoureux ainsi que le réveil.
J'ai une collègue qui s'est confiée à moi car
je n'ai jamais caché à personne que mon petit dormait avec nous.
C'est à ce moment là qu'elle a osé dire que sa fille de 4 ans
dormait aussi toujours dans le lit parental. Avec la même
conclusion que moi : nos enfants iront se coucher seuls dans leurs
lits quand ils se sentiront prêts. Il y beaucoup de tabou autour
du cododo, comme pour l'allaitement d'un bambin, d'ailleurs,
sûrement au niveau des peurs liées à l'oedipe et tout le toutim.
Le plus drôle, c'est que ma mère et ma belle-mère dorment aussi
avec mon petit quand elles l'ont en garde, sans que je ne leur ait
jamais rien demandé !!! Alors qu'à mon mari et moi, on nous a
"joyeusement" laisser hurler dans notre lit, étant bébés. Belle
revanche, n'est-ce-pas ???
Je pensais pendant un
long moment être la seule dans mon entourage professionnel à
pratiquer le cododo. Et puis au fil du temps, entre collègue, on
se parle et on découvre que finalement, beaucoup le pratique.
Finalement, je me demande si ce n'est pas beaucoup plus répandu
qu'on le pense mais que peu en parle justement par peur du qu'en
dira t'on ?
Nous on fait du cododo à 100 %. Pour les câlins ont déplace bb,
enfin bambin et on le ramene ; ça ne dérange pas le papa car on
a un grand lit plus un petit à la suite.
Quand mon bébé est
arrivé, je n'imaginais même pas qu'un bébé puisse dormir avec
ses parents (je n'y avais jamais réfléchi). Encouragée par la
lecture de M. Thirion, j'étais décidée a ce qu'il dorme dans
sa chambre des le début. Le hasard (je n'y crois pas !) a fait
que sa chambre n'était pas finie à notre retour de la
maternité. Il s'est donc retrouvé en side car avec nous. Ce
qui m'a vite fait voir les avantages. Puis je vous ai connu,
vous aie lues, avec vos différentes expériences. Mon avis est
toujours partagé, mais pour le moment, le "chambre a part"
n'est pas d'actualité. Là ou je me pose (posais) des questions
c'est sur l'opinion de mon mari : en effet, les choses s'étant
faites "toutes seules",nous n'en avons pas encore discuté.
Mais hier, je me suis couchée
après mes deux hommes, et quand je suis arrivée dans la
chambre, j'ai été rassurée par rapport à l'opinion de mon mari
sur le cododo : mon mari était à sa place, sur le ventre, mon
petit à la mienne, sur le côté, calé par mon oreiller, et mon
mari avait une main sur lui. Tout le monde dormait. Je me suis
glissée discrètement dans le lit. J'ai dormi jusqu'à la tétée
suivante, là ,j'ai rendormi mon petit et l'ai remis dans son
berceau. Ce matin, après la tétée, son père l'a pris pour le
rendormir. Puis nous avons discuté, .non,le cododo ne le
dérange pas : voir son fils si paisible le rend heureux et
puis "ce matin quand tu me l'a donné, il avait froid aux
mains, alors que quand il dort avec nous, ça n'arrive pas !!"