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Allaiter pour éviter le cancer du sein

 

25 000 cas pourraient être prévenus en Occident.

C'est un argument de plus pour les partisans de l'allaitement maternel. C'est surtout, potentiellement, un moyen assez simple de ralentir l'épidémie de cancers du sein dans les pays industrialisés. Selon une compilation de quarante-sept études, incluant au total presque 150 000 patientes, les femmes sont d'autant plus protégées des tumeurs mammaires qu'elles donnent le sein longtemps. Plus précisément, le risque de ce cancer diminue de 4,3 % par tranche de douze mois d'allaitement, a calculé l'équipe d'épidémiologistes britanniques qui vient de publier ce travail dans The Lancet. Un bénéfice qui s'ajoute à une réduction de risque de 7 % conférée par la naissance d'un enfant, notent les auteurs.

Règles précoces, ménopause tardive, première grossesse à un âge avancé, peu d'enfants... Un certain nombre de facteurs de risques du cancer du sein sont clairement identifiés. Le rôle défavorable de l'allaitement artificiel restait en revanche discuté. Pour l'élucider, Valérie Beral et son groupe de l'université d'Oxford ont repris les quarante-sept études sur le sujet menées dans trente pays. Elles portent sur 50 000 femmes ayant un cancer du sein, qui ont été comparées à 97 000 témoins.

D'abord, il se confirme que celles atteintes d'une tumeur ont en moyenne moins d'enfants que les autres (2,2 contre 2,6). Surtout, elles sont moins nombreuses à allaiter et le font moins longtemps : 9,8 mois contre 15,6. Pour les auteurs, il ne fait aucun doute que le relatif abandon de l'alimentation au sein dans les pays occidentaux est en partie responsable de l'augmentation inexorable des cancers mammaires ces dernières décennies. «Si les femmes allaitaient six mois de plus, au moins 25 000 cancers du sein seraient évités chaque année», estiment-ils.

Un conseil que ne renierait pas l'Organisation mondiale de la santé. En 2001, ses experts ont recommandé un allaitement au sein exclusif pendant six mois, puis sa poursuite avec des aliments complémentaires. Reste à savoir si cet argument suffira à convaincre les principales intéressées de donner le sein pendant des mois. Les plus hésitantes pourront se référer à une autre étude montrant que les bébés nourris au lait maternel sont moins obèses dans l'enfance.

Sandrine CABUT
samedi 20 juillet 2002

Source : http://www.liberation.fr/