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80 milliards d'êtres humains plus tard...

L'auteur est pédiatre, IBCLC, et membre du comité québécois en allaitement

L'homo sapiens est le produit de millions d'années d'évolution naturelle et de quelques milliers d'années d'évolution culturelle. Les racines biologiques de l'espèce humaine appartiennent au monde animal des mammifères, mot qui signifie «porteur de mamelles».

Chez les mammifères, la lactation assure la survie de l'espèce en complétant le cycle de la reproduction. Ce n'est que très tardivement dans l'histoire de l'humanité que les humains ont délaissé l'allaitement pour des préparations industrielles.

Physiologiquement, les seins sont des glandes parfaitement fonctionnelles dont le rôle biologique est de produire du lait afin d'assurer la survie de l'espèce par une alimentation optimale. De son côté, le bébé possède des réflexes lui permettant de trouver le sein et de s'y accrocher. La relation mère-enfant commence dès le berceau et l'allaitement en est l'expression privilégiée. C'est d'abord une relation biologique et animale mais également sociale. La tétée assure une alimentation appropriée à l'enfant et elle lui offre également protection, sécurité et confort. La tétée favorise l'attachement entre la mère et son enfant. Cette relation mère-enfant est unique et se retrouve chez tous les mammifères.

À l'échelle planétaire, l'allaitement demeure toujours la façon « normale » d'alimenter son enfant et l'âge moyen du sevrage se situe vers 2,5 ans. En occident, la pratique de l'allaitement a connu un déclin au début du 20e siècle, suivi d'un regain plus marqué au cours des 25 dernières années. En 1999, 72 % des enfants québécois étaient nourris de lait maternel à la naissance et tout porte à croire que ce pourcentage a augmenté depuis. Nous redécouvrons enfin les nombreux avantages associés à l'allaitement

On peut dire que Mère Nature a «fait les seins pour nourrir les bébés… et non les cinéastes». (Jules Romain : Knock)

Jean-Claude Mercier
Source : http://www.cyberpresse.ca